mai 12 16
Le vote des grecs intervenait dimanche lui aussi. Le résultat a placé en tête de la gauche l’organisation sœur du Front de Gauche en Grèce. Syriza est passé de 4,5% des suffrages en 2009 à 18% cette fois-ci. Mais les néo-nazis ont recueilli 6,5% des voix. La presse libre indépendante et éthique tire donc la leçon essentielle de cette situation : c’est une percée de l’extrême droite ! La même machine à nier la réalité qui a fait en France les beaux jours de madame Le Pen s’est mise en mouvement. Pourquoi ? Parce que ces journalistes-là aiment par-dessus tout ce qui fait sensation. Et comme leur éthique et préférence personnelle, dont on devine les racines, les tournent plutôt de ce côté de l’échiquier, ils joignent l’utile à l’agréable. Il est frappant de voir comment ceux qui se sont livrés à toutes les provocations contre le Front de Gauche sont les premiers à courir devant pour faire des arpèges sur la « percée des nazis grecs ». La palme au journal « Le Parisien » qui fit une campagne assidue contre le Front de Gauche en général et contre moi en particulier. Il est vrai qu’il a, de longue main, ses tendresses pour l’extrême-droite des comptoirs de bistrot. Il titre donc dans un souffle « l’extrême-gauche et les néonazis font une percée en Grèce ». La même ? Comme ils aimeraient que ce soit le cas ! Il mentionne à la treizième ligne le score de Syriza. Mais ce sera la seule référence à son succès. Tout le reste est consacré à faire des phrases sur « les néonazis », avec photo en gros plan de l’énergumène qui les dirige. Elle n’est pas belle l’information populaire ? Parler pour ne rien dire de vrai et faire lire pour ne rien apprendre.
 

avr 12 20

L’affaire YPF (Yacimientos Petrolíferos Fiscales)

Les faits :

Le Lundi 16 avril la Cristina Fernandez, présidente de l’Argentine, annonce lors d’une conférence de presse qu'elle vient de signer une proposition de loi de nationalisation de 51% d’YPF et qu'elle vient de le transmettre au Senat argentin.
Elle annonce en outre que le prix que l'Argentine payera en compensation de cette nationalisation sera évaluée par le tribunal compétent (Tribunal de Tasaciones de la Nación).

Principale compagnie concernée, la pétrolière Repsol demande la somme exhorbitante de 8 millards d'euros. Le vice-ministre argentin de l'économie indique très clairement que l'Argentine ne paiera jamais une telle somme.

Le Mercredi 18 Avril, le gouvernement d'inclure la société YPF Gas, une autre société contrôlée par Repsol qui distribue du butane et du propane, dans le projet de loi de nationalisation d'YPF.

Le même jour, le texte de loi a été adopté en commission au Sénat argentin, ouvrant la voie à son adoption en séance plénière la semaine suivante

A noter

Le traité bilatéral d’investissement (TBI)signé avec l’Espagne en 1992 stipule que les nationalisations ou expropriations sont possibles à conditions que ce soit « exclusivement pour des raisons d’utilité publique ». Il est en outre précisé qu’elles ne pourront « en aucun cas être discriminatoire » et qu’elles doivent donner lieu à une « compensation convenable ». Ce traité n’a jamais été remis en cause depuis sa signature.

Lire la suite »


avr 12 19

Je ne suis pas à Strasbourg en cette dernière semaine de campagne du premier tour des élections présidentielles, mais mes collègues et mes collaborateurs me tiennent informés de ce qui s'y passe.

Or ce jeudi, le Parlement européen se penchait sur le rapport In’t Veld. Ce rapport porte approbation de "l'accord entre les États-Unis d'Amérique et l'Union européenne sur l'utilisation et le transfert des données des dossiers passagers (données PNR) au ministère américain de la sécurité intérieure". Rien qu'au nom, vous aurez deviné qu'il s'agit là d'un accord non réciproque dans lequel l'Union accepte de transférer les données personnelles des citoyens européens aux autorités étatsuniennes.

Le Parlement pouvait choisir de bloquer cet accord. Il en avait le pouvoir. Les conservateurs, la droite-chrétienne (PPE), une partie des libéraux et la majorité des sociaux-démocrates ont préféré lui permettre d'entrer en vigueur. Je vous propose ci dessous un décryptage de ce que sont ces fameuses données PNR et des conditions dans lesquelles les USA pourront en faire usage pour les sept ans à venir au moins.


avr 12 18
Pendant qu'en France on mène campagne, la Commission européenne continue sa sale besogne. Cette semaine, elle proposait son "paquet emploi" intitulé "vers une reprise génératrice d'emploi". Il s'agit de recommandations que la Commission fait aux Etats membres. La Commission n'a pas de pouvoir législatif en ce qui concerne l'emploi. Mais elle a un pouvoir de fait car c'est elle qui coordonne les politiques de l'emploi de l'emploi des Etats membres. Dans le cadre du Semestre européen, la Commission propose des "lignes directrices pour l'emploi" que les Etats sont invités à inclure dans les plans de réformes nationaux qu'ils lui remettent ensuite pour validation. En Mars dernier, les gouvernements ont validé les lignes directrices (abaissement des charges salariales et leur compensation par des hausses de TVA, flexisécurité, "amélioration" des mécanismes de fixation des salaire au profit des employeurs, réduction du nombre de professions réglementées, lutte contre la soi-disant « dépendance aux prestations sociales » etc). Ils ont en plus accepté de renforcer cette coordination des politiques de l'emploi. Désormais ils remettront chaque année à la Commission des "plans nationaux pour l'emploi" assortis d'un échéancier précis des réformes pour les douze mois suivant. C'est dans ce cadre que s'inscrit ce nouveau "paquet emploi".
 

mar 12 29

Ce jeudi 29 Mars, les députés européens questionnaient la Commission européenne sur l'avenir du programme d'aide alimentaire aux plus démunis. Un programme qui concerne 43 millions de citoyens européens à ce jour.

Le 15 Février 2012, le Parlement avait adopté le rapport Siekerski. Ce rapport avalisait la fin du programme d'aides alimentaire en 2014, condition posée par le Conseil pour l'attribution des aides alimentaires pour l'année 2012.

De son côté, la Commission européenne annonçait qu'elle ferait tout pour mettre sur pied une initiative législative permettant de rétablir le programme d'aide alimentaire, jusque là inclu dans la Politique Agricole Commune (PAC), dans une autre rubrique du budget de l'Union européenne. En effet, l'arrêt du programme des aides alimentaires en 2014 fait suite à un recours de l'Allemagne et la Suède devant la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE)

Lire la suite »


mar 12 21

La Commission présentait ce mercredi 21 Mars 2012 un paquet législatif sur le « détachement de travailleurs ». Un terme barbare qui cache une mise en concurrence des travailleurs européens sur le territoire de chaque Etat membre décidée dès 1996 via une directive européenne. L’application de cette directive s’est confrontée à des actions syndicales d’envergure pour défendre à la fois les intérêts des travailleurs locaux et des travailleurs immigrés exploités. Ces dernières années, la Cour de Justice de l’Union européenne, chargée d’interpréter les textes européens, a condamné ces actions collectives. Elle a même mis en doute leur légitimité et notamment celle du droit de grève. Il était temps pour la Commission européenne de reformuler le droit européen. C’est ce qu’elle a fait ce mercredi et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’a pas écoutée les syndicats…

Les « travailleurs détachés » : définition  

C’est quoi ?
Il s’agit des travailleurs
qui, pendant « une période limitée », sont envoyés par leur employeur pour travailler dans un autre État membre que celui dans lequel ils exercent « habituellement » leur profession. (Le personnel navigant de la marine marchande n’est pas concerné)

Vous noterez que dans la définition la période limitée n’est pas précisée pas plus que le caractère « habituel » de l’emploi dans l’Etat dans lequel l’employeur est établi.

Comment ça marche ?
Un employeur envoie, dans le cadre d'une prestation de services transnational, un travailleur dans un autre Etat membre pour une mission temporaire dans un des cadres suivant :
-un contrat conclu entre une entreprise d'envoi prestataire de service et l’établissement destinataire de la prestation de services
-l’entreprise destinataire de la prestation de services appartient au même groupe que l’entreprise d’envoi
-un contrat conclu entre une agence d’intérim d’envoi et une entreprise d’accueil destinataire de la prestation de services

C’est légal ?
Oui. L’encadrement de ces pratiques est organisé par la directive
Directive 96/71/CE du 16 décembre 1996 concernant le détachement de travailleurs effectué dans le cadre d'une prestation de services.

Vous trouverez ci-dessous le détail de cette directive et l’inégalité salariale qu’elle permet.

Lire la suite »



« Articles plus anciens

Blog basé sur Wordpress © 2011 INFO Service - V3 Eur.
Aperçu de site