La jalousie rend fou !
avr 13 11

jalousieLa jalousie rend fou. C'est la seule raison que je vois aux mensonges de José Bové contre moi. Mercredi, sur France Inter, repris aussitôt sur France Info, il m'a accusé d'avoir une présence "épisodique" au Parlement européen.

L'attaque est grotesque comme le montre la mise au point que j'ai immédiatement publiée. Elle est sur mon blog donc je ne redonne que quelques éléments. Depuis septembre, mon taux de présence est de 84% en séance plénière. Si mon taux de présence moyen depuis mon élection est de 67%, c'est essentiellement à cause de la campagne présidentielle de 2012. José Bové est bien placé pour savoir combien ce type de campagne occupe une vie.

Mon blog européen présente l'analyse détaillée et mon vote sur la quasi-totalité des textes votés au Parlement depuis 2009. Très peu de députés européens font ce travail. C'est pourtant indispensable pour que les citoyens comprennent de quoi nous débattons. Cela représente 493 explications de vote depuis 2009. Bové lui, n'a donné son avis que sur 31 textes. Sur son blog, il reconnait que "Le résultat est sans appel : Mélenchon 493 / Bové 31". Qui donne son avis de façon "épisodique" ?

Pour se défendre, il dit la chose suivante :"Je ne demande effectivement pas à mes assistants d’écrire des explications de vote sur l’ensemble des textes qui sont soumis au vote. C’est un choix". Imaginez une seconde que j'écrive une phrase pareille ! Imaginez que je me contente de donner mon avis sur seulement un texte sur seize ! Que dirait la meute des médiacrates ? Et que dirait Bové sur ces avis "épisodiques" ? En tant que seul eurodéputé du Front de Gauche du Sud-Ouest, co-président du Parti de Gauche et ancien candidat à l'élection présidentielle, je ne peux pas me contenter d'avoir un avis seulement sur ce qui m'intéresse.

Bové cherche la paille dans mon œil. Il ferait mieux de voir la poutre dans l'œil de son parti, Europe Ecologie. Depuis 2009, mon taux de présence au parlement européen est quasiment identique à celui de Daniel Cohn-Bendit. Pourtant, lui n'a pas participé aux manifestations contre la réforme des retraites en 2010, ni été candidat à la présidentielle en 2012. Mais Bové n'en dit rien ! Le même Cohn-Bendit n'a donné son avis que sur 86 textes contre 493 pour moi. Ses électeurs apprécieront ses jugements "épisodiques". José Bové oublie aussi de dire que j'ai posé 24 questions à la Commission quand lui n'en a posé que 20 et Cohn-Bendit 11.

Les mensonges de Bové s'écroulent les uns après les autres. Du coup, les médiacrates m'attaquent parce que je n'ai rédigé aucun rapport parlementaire. Il leur reste à apprendre que c'est la situation d'un eurodéputé sur trois. 272 députés européens n'ont pas rédigé de rapport depuis 2009. Parmi eux, on trouve 19 membres du groupe des Verts, le groupe de Bové, présidé par Cohn-Bendit. Parmi les dix-neuf eurodéputés verts qui n'ont jamais rédigé de rapport, il y a plusieurs Français. Je donne leur nom pour que Bové aille leur faire le reproche : Daniel Cohn-Bendit, Sandrine Bélier, Karim Zéribi, Jean-Jacob Bicep, Yves Cochet, Jean-Paul Besset, Malika Benarab-Attou. Je précise aussi que les rapports sont attribués aux groupes politiques à la proportionnelle. Le groupe des Verts compte 58 députés européens contre 34 à mon groupe, la Gauche unie européenne. Au total, les Verts ont donc hérité de 85 rapports. Mon groupe de seulement 40.

José Bové n'a que ça à faire. C'est triste. Au moment où le FN est pris sur le fait de ses accointances avec l'oligarchie politico-financière, Bové préfère tirer dans le dos du Front de Gauche avec des mensonges. Au moment où nous appelons à une marche pour la sixième République, il ne défend pas cet engagement qui figurait pourtant dans son propre projet présidentiel en 2007. C'était un des axes des 125 propositions des collectifs antilibéraux auxquels nous avions participé lui et moi. Il ne défend pas cette manifestation à laquelle appelle pourtant l'ancienne candidate de son parti à la présidentielle de 2012.

Le Bové d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui d'hier. Hier, il était contre le traité constitutionnel en 2005 et le traité de Lisbonne en 2008. Depuis qu'il a été élu député européen, il défend les traités européens. Il a défendu le traité d'austérité budgétaire Merkozy que Hollande n'a pas renégocié. Il l'a dit dans une tribune parue le 20 septembre 2012 dans Libération. Il a aussi voté pour le "two pack", ces règlements européens qui imposent l'austérité et réduisent la souveraineté des parlements sur les budgets. A-t-il expliqué ce revirement à ces électeurs ? A-t-il été élu pour ça ?

On comprend que Bové cherche un artifice pour ne pas rendre des compte à ses électeurs. On comprend qu'il ne donne pas son avis sur tous les textes : il risquerait d'être pris la main dans le sac en train de voter les textes austéritaires. Il cherche une diversion pour masquer ses reniements. Je ne marche pas.

Pour ma part, j'ai l'esprit tranquille. J'ai été élu pour combattre l'Europe libérale et austéritaire. En septembre dernier, j'ai mené la campagne contre le Traité Merkozy. J'ai publié un livre pour faire connaître ce texte dangereux et anti-démocratique. Notre manifestation contre ce traité, le 30 septembre, a été un immense succès. J’effectue un travail permanent d’information sur les enjeux européens. Sur mon blog européen et sur celui-ci, j'informe et j'alerte. A chacun de mes passages médias, j'essaye de montrer la catastrophe économique, sociale, écologique et démocratique qu'est la politique d'austérité appliquée partout. J'étais encore mercredi en meeting avec le Parti de la Gauche Européenne à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Je tiens la tranchée.

Arguments contre arguments

Qui dit la vérité ?

Il est facile, quand on sait comment faire, de se renseigner sur l’activité des députés européens.

Activités de José Bové : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/96744/JOSE_BOVE_activities.html

Les miennes : http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/96742/JEAN-LUC_MELENCHON_home.html

Un député « spécialiste » contre un député « généraliste »

José Bové n’est intervenu que 31 fois en séance toujours sur les questions alimentaires et agricoles. Il a fait de son mandat un mandat de spécialiste. Pas moi. Ce n’est pas mon conception du rôle d’un député. Pour le reste, Monsieur Bové vote comme son groupe le lui suggère (dans 97% des cas), n’hésitant pas à voter pour les mesures les plus austéritaires qui soient comme le Two Pack . Pas moi : je ne vote comme mon groupe que dans 76% des cas. Je vote selon mon avis, pas selon celui du staff du groupe.

Pour ma part j’interviens sur tous les sujets comme vous pourrez le vérifier dans mes interventions, sur mon blog européen et dans mes comptes rendus de mandat. Je n’ai pas été élu pour me cantonner à travailler exclusivement sur les affaires étrangères et à l’Amérique latine qui sont mes attributions au Parlement européen (même si j’y consacre plus de temps, ce qui explique notamment mon absence lors du vote sur la PAC : je rencontrais ce matin-là, à sa demande, le président Evo Morales et ne suis rentré au Parlement européen qu’après cette rencontre). Je considère que je dois m’informer de tout et expliquer un maximum les lois nuisibles qui sont adoptées par la majorité au Parlement européen. C’est ce que je fais sur mon blog européen.

Interventions écrites ou orales : même résultat

Quiconque s’est rendu au Parlement européen pendant une séance plénière sait que l’hémicycle y est toujours à peu près vide, hormis lors de discours importants du Conseil ou de la Présidence de l’UE en exercice et lors des votes. La raison en est simple : les députés ne peuvent intervenir qu’une minute (au mieux deux) et il n’y a personne pour débattre réellement avec eux. Les interventions orales sont donc débitées face à la caméra puis mises en ligne en version vidéo et écrite. L’intérêt qui leur est porté est tel qu’elles ne sont même plus traduites. Dans ce cadre je préfère m’exprimer directement par écrit. Vouloir faire croire, comme le fait Monsieur Quatremer sur twitter, que les interventions orales ont plus d’importance que les interventions écrites, c’est travestir la réalité : le Parlement européen n’est pas un lieu de débat.

Pourquoi je n’ai pas pu faire de rapport

La règle qui prévaut en matière de répartition des rapports entre les différents groupes politiques est généralement la règle d’Hondt mais chaque commission a par ailleurs ses règles. Je suis en AFET (Affaires étrangères), une commission dans laquelle les rapports sont exclusivement partagés entre les groupes qui forment la majorité (PPE, SD, ALDE, Verts/ALE). Il est dès lors très difficile d’obtenir un rapport. Aucun membre de la GUE/NL (mon groupe) n’en a d’ailleurs obtenu sur cette mandature.

Je vous explique. Lors de la Conférence des Présidents de groupe, qui répartit les travaux, les négociations ont lieu de la façon suivante : les présidents des groupes PPE, SD, ALDE, Verts/ALE se réunissent avant la réunion de la Conférence des Présidents pour décider entre eux de la répartition des travaux. Dans ces circonstances, il est très difficile pour les autres groupes (ECR, EFD et GUE/NL) d’obtenir quoi que ce soit. Encore que, le PPE plaide souvent la cause de l’ECR. On ne peut pas en dire autant des Sociaux Démoctrates (SD) et des Verts/ALE vis-à-vis de la GUE/NGL. Ce principe de réunion sectaire préalable prévaut aussi dans plusieurs commissions parlementaires dont notamment les commissions des Libertés Civiles (LIBE), Culture et Education (CULT), et Affaires étrangères (AFET) où je siège. Conclusion : contrairement à Monsieur Bové, je ne bénéficie pas du soutien de la droite pour obtenir des rapports.

Pour enfoncer le clou sur les rapports, je tiens à signaler que Daniel Cohn Bendit n’a lui non plus pas fait de rapport alors que pour lui c’est chose simple : il est président de groupe et participent aux réunions préalables à la Conférence des Présidents… Même chose pour Jospeh Daul, président UMP du groupe PPE, ou encore pour Martin Schulz aujourd’hui président du Parlement européen.

Les rapports ne sont pas l’alpha et l’oméga au Parlement européen

Monsieur Bové fait mine de croire que les « rapports » sont l’alpha et l’oméga de l’activité au Parlement européen. Il n’est pourtant pas sans savoir que bien des rapports sont des « rapports d’initiative », c’est-à-dire des rapports qui n’ont aucune valeur législative (il s’agit de suggestions faites à la Commission européenne qui, rappelons-le, dispose du pouvoir de proposer les lois de façon quasi exclusive). Ces rapports ne valent pas plus que les « résolutions » donnant l’avis d’un groupe ou du Parlement européen sur un sujet. Or je fais remarquer que sur les 5 rapports pour lesquels Monsieur Bové a été rapporteur, 3 sont des rapports d’initiatives.

Pour le reste : le pouvoir d’amendement du Parlement européen reste bien mince. Entre les propositions de la Commission européenne (largement issues des propositions des lobbies industriels installés sur Bruxelles) et les trilogues (négociations entre Parlement-Commission-Conseil) il est rare que le Parlement européen prenne une position ferme sur quelque sujet que ce soit. Et quand bien même c’est le cas, ce que le Parlement a rejeté repasse par la fenêtre à la mandature suivante…

Pour ma part, si au début de mon mandat j’ai souhaité amender et amender encore les rapports de la commission des Affaires étrangères, j’ai dû constater que partout où mon nom apparaissait, y compris pour des amendements de pure forme, les amendements étaient massivement rejetés par la commission, seul mon groupe votant pour. Ce travail n’était donc absolument pas productif. J’ai préféré consacré mon temps à travailler sur les textes en général quitte à amender parfois dans des commissions dont je ne suis pas membres mais où mes amendements pouvaient servir. C’est notamment ce que nous avons fait avec mes camarades députés du Front de Gauche dans la commission des Affaires Economiques (ECON) dont aucun d’entre nous n’est membre sur la taxe sur les transactions financières où nous avons fait avancer un peu les choses.

Je me sais plus utile à travailler de cette façon et à défendre les salariés sur le terrain qu’à produire pour la beauté du geste des amendements qui tous finiront à la poubelle.

De l’usage des blogs européens

Le blog de Monsieur Bové (http://jose-bove.eu/ ) est à l’image de son mandat : spécialisé dans l’agriculture et l’écologie, point barre, sauf quand il s’agit de me taper dessus. J’ai fait un pari différent : celui de l’éducation populaire. Je m’efforce de rendre intelligible (autant que possible) les textes du Parlement européen. Je ne peux certes pas le faire pour tous les textes. Je le fais néanmoins pour bon nombre d’entre eux et sur des thématiques très différentes.

Les votes sur le nucléaire

Monsieur Bové m’accuse de m’être abstenu lors de la dernière séance parlementaire sur un rapport concernant les tests de résistance sur le nucléaire. Avec la mauvaise foi qu’on lui connaît depuis deux jours, il ne prend pas la peine de recopier les arguments de mon vote. Les voici afin que les choses soient claires : « Ce rapport rappelle qu'en Europe plus de 100 000 personnes vivent dans un rayon de 30 km autour de 47 centrales nucléaires. Il se dit conscient de la nécessité de tirer les enseignements de l'accident de Fukushima-Daiichi. Il n'en tire pourtant aucune conséquence. Il ne demande pas la fermeture des centrales nucléaires dans lesquelles plusieurs problèmes graves ont été détectés. Il réaffirme la nécessité d'améliorer les règles de sureté prévalant dans le nucléaire mais ne demande à aucun moment de mettre fin à la sous-traitance à des organismes privés des contrôles en la matière. La réalité est pourtant alarmante. La logique du profit fait que ces travaux sont réalisés par des équipes trop réduites et disposant de trop peu de temps pour que la sécurité soit maximale. Le texte ne rappelle par ailleurs nulle part que le risque zéro n'existe pas en matière de nucléaire. Il ne prévoit donc aucune planification de la sortie de cette énergie dangereuse. Je m'abstiens pour soutenir les quelques améliorations des règles de sécurités prônées. Je dénonce néanmoins l'aveuglement dont les rédacteurs de ce texte font preuve. »

Voter contre les améliorations des règles de sécurité proposées aurait été un non-sens. En l’absence de planification de la nécessaire sortie du nucléaire, toute amélioration pouvant aider à éviter le pire doit passer. Je me suis donc abstenu en expliquant clairement les motivations de mon abstention et en dénonçant les très graves lacunes du texte. Je signale au passage que j’ai voté pour tous les amendements proposés par le groupe Verts/ALE qui allaient dans le bon sens. Monsieur Bové ne parviendra pas à me faire passer pour un pro-nucléaire. Je ne le suis pas, comme le prouvent l’ensemble de mes votes au Parlement européen en la matière et mes expressions sur le sujet. Pour mémoire, voici la question que j’ai posé sur le sujet à la Commission européenne.


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